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Quand l’aréna coûte trop cher...

Des arénas rénovés récemment à grands coups de millions de dollars au Bas-Saint-Laurent sont très souvent désertés et extrêmement déficitaires, a appris le Journal.
 
Certaines infrastructures occupent même plus de 10 % du budget total de toute une municipalité. C’est le cas à Trois-Pistoles, où les coûts de l’aréna sont de plus de 400 000 $ par année, près de la moitié de tout ce qui est dépensé en loisirs. Les revenus? 70 000 $, ce qui amène un impressionnant déficit. La surface est utilisée les fins de semaine, alors que c’est désert en semaine, une situation problématique pour une infrastructure qui vient d’être rénovée au coût de 6 millions $. «Ce qui permet d’obtenir un certain revenu actuellement, c’est le hockey adulte, mais seulement la fin de semaine», résume le maire Jean-Pierre Rioux.
 
À Saint-Cyprien, 9 millions $ ont été investis sur l’infrastructure durant la même période, alors que le modèle privilégié par le Fonds Chantiers Canada-Québec était très répandu. Le gouvernement du Québec payait un tiers, le fédéral l’autre tiers et la municipalité s’occupait de la balance. Là-bas, le déficit annuel est de 123 400 $. «Nous avons décidé, juste avant les fêtes, d’engager un responsable qui devra trouver davantage de revenus pour régler cette problématique», indique le maire Michel Lagacé.
 
Les chiffres sont aussi impressionnants au Centre Bombardier de La Pocatière, qui s’est offert une splendide infrastructure de plus de 10 millions $, mais où l’occupation n’est définitivement pas à son maximum, alors qu’il en coûte près de 1 million $ pour l’opérer, avec à peine 265 000 $ de revenus par année.
 
Gérer comme des entreprises 
«C’est clair que les villages ne peuvent plus tenir ça seuls», lance le spécialiste et professeur émérite André Thibault de l’Observatoire québécois du loisir à l’Université du Québec à Trois-Rivières. «Il faut voir nos arénas québécois comme des entreprises maintenant. Il faut aller au-delà du hockey et du patinage et ouvrir nos œillères pour trouver des locataires, puisque ces infrastructures rénovées sont plus accueillantes et plus chaudes qu’avant, permettant la tenue d’autres activités», ajoute-t-il. «Il faut aussi diversifier les revenus ou bien partager les coûts d’opération», résume André Thibault.
C’est d’ailleurs vers l’option du supralocal, soit faire payer les villages avoisinants, que le conseil municipal de Trois-Pistoles se tournera.

Choix de municipalités
Le maire de Trois-Pistoles croit toutefois qu’il s’agit d’un choix de société. «Si l’on fermait l’aréna pendant 10 ans, on pourrait rénover toutes les rues ici. Mais on fait le choix d’avoir une belle infrastructure, à jour, car c’est attractif pour les familles. Nous devons le voir ainsi», conclut-il.
 
Municipalité
Coût
Revenus
Déficit
Budget total de la municipalité
Trois-Pistoles
400 000 $
70 000 $
330 000 $
5 M$
Saint-Cyprien
224 000 $
99 000 $
125 000 $
2 M$
Rivière-du-Loup
1,4 M$
700 000 $
700 000 $
39 M$
La Pocatière
780 000 $
265 000 $
515 000 $
8 M$
Saint-Pascal
445 000 $
175 000 $
270 000 $
6 M$